L’ÉCRITURE EST-ELLE UNE THÉRAPIE?

L’ÉCRITURE EST-ELLE UNE THÉRAPIE?






C’est souvent à travers un journal, le récit d’une expérience singulière, le partage d’une épreuve que commence l’écriture. Puis parfois la larve sort de sa chrysalide pour donner place à l’écrivain, un papillon.

 Albert Cohen est un fils pleurant sa mère disparue, qui formule des reproches qu'il s'adresse en réalité à lui-même. En faisant de l’écriture une thérapie, il a touché de près la perfection littéraire, d’autres ont suivi. Henri charrière avec « Papillon »  a utilisé comme exutoire le récit romancé pour transcender sa vie gâchée, jusqu’au genre plus « trash » d’une intimité déchirée, d’inceste et de violence avec l’écriture serrée de Christine Angot.

Ecrire, c’est ne pas dire. La force de la transmission est plus forte ; elle permet d’apprivoiser les doutes, de dompter les souffrances. L’écriture est un miroir, elle renvoie à sa propre image et permet de s’interroger. Car le miroir interroge, on s’y lit, on s’y décrypte.

L’écriture pourrait être un fil de vie qui se manifeste au jour le jour pour témoigner de tous les accidents de la vie. Elle permet de respirer à travers les éléments insignifiants du quotidien ou les faits plus graves et marquants : rupture, deuils, divorces, déclassements. Dans ce cas l’écriture laisse couler ce qui vient. Souffrances, colères, passions s’y manifestent en toute innocuité car dans un premier temps l’écriture est une lettre muette ou plutôt une lettre envoyée à soi même.

Par delà l’effet cathartique, qui agit comme une purge, il y a l’effet libératoire. Puis l’effet miroir, mais aussi la découverte de « ce qu’on n’a pas consciemment mis dans ses propres écrits.».

Dés qu’on écrit, l’ambition littéraire nait naturellement. L’auto-complaisance, l’écriture presque automatique, le désordre, le manque de sens lasse rapidement l’auteur lui même. Et si l’on écrit pour soi d’abord, rapidement la volonté du partage se fait sentir car si l’écriture facilite la compréhension de soi même; elle réclame la compréhension des autres.

 «Les paroles disparaissent, les écrits restent». En écrivant, on donne une existence à ce que l'on pense. C'est comme si l’on faisait un travail de rangement. Sur le papier, la mémoire ne nous encombre plus l'esprit, il en est le dépositaire. On peut se relire pour se convaincre qu’un événement existe en dehors de nous, on effleure alors la fiction. C’est peut être là que commence la vraie thérapie.

 Du chef d’œuvre sacré d’ « Anne Franck », histoire d’un espoir infini dans un espace fini, chef d’œuvre absolu d’une enfant non-narcissique, au récit des souffrances indolentes d'une femme gâtée par la vie, Il faut respecter toutes formes d’écrits, même s’ils sont parfois maladroits.  Car comme le dit Marguerite Duras « Ecrire, c‘est se taire. C'est hurler sans bruit ». Et cela, c’est sans doute le début de nombreuses guérisons, pour soi d’abord, mais pour d’autres souvent.

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